IRAN / Liban : aux pays de l’imam caché.

Son turban noir le désigne comme « Sayed », descendant du prophète. J’ai rencontré l’imam Moussa Sadr au sud-Liban en 1974. Il fut le fondateur du mouvement chiite Amal. Un an plus tard il disparaissait sans laisser de traces lors d’un voyage officiel en Libye. Une tragédie pour la communauté chiite du Liban qui chaque année marque ce deuil par une série d’hommages officiels et religieux. Mais plus d’un croyant pense que Moussa Sadr reviendra, comme le veut la foi des musulmans chiites qui s’inspire de la théorie de l’imam caché, le Mahdi, appelé à revenir sur terre pour faire régner la paix et la justice.

Iran: la dissimulation comme arme politique…

En Iran, le chiisme s’est largement inspiré de l’enseignement des religieux du sud Liban. D’où ce lien qui existe entre les communautés des deux pays. La théorie de l’imam caché a aussi sa place en Iran. On y songe quand on voit que le successeur du Guide suprême Ali Khamenei, son propre fils Mojtaba, élu par l’Assemblée des experts, n’a fait aucune apparition depuis deux mois. Il est peut-être décédé dans les frappes américaines du 28 février sur Téhéran mais le pouvoir iranien a voulu symboliquement montrer que la succession était assurée. Les chiites d’Iran eux aussi ont besoin de croire que le nouveau « Guide suprême », Mojtaba Khamenei est devenu un imam caché qui reviendra parmi eux pour faire régner la paix et la justice. Il aura du travail.

Philippe Rochot

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